Saint-Jacques de Compostelle : La préparation

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Pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle

Première partie : La préparation

Texte et photos : Suzanne Mahler


Depuis longtemps, j’avais entendu parler du chemin de Saint-Jacques de Compostelle, sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. Dans mon esprit, c’était une longue randonnée relativement simple, surtout empruntée par des retraités qui ne savaient pas quoi faire de leur temps… mais j’étais bien loin de la réalité! J’ai ainsi commencé à me renseigner sur les différentes voies qui existent. Si la tradition veut que le pèlerin parte de chez lui, j’ai pour ma part décidé de commencer en France, sur la voie la plus empruntée : la Via Podiensis qui part du Puy-en-Velay.

Départ : Puy-en-Velay (France), le 16 mai 2018

Il existe cependant de nombreux sentiers à travers l’Europe qui relient la ville de Saint-Jacques de Compostelle. Beaucoup de gens préfèrent, eux, partir de Saint-Jean-Pied-de-Port, petit village à la frontière entre la France et l’Espagne, pour emprunter le fameux Camino Frances, d’une longueur d’environ 800 kilomètres. J’ai aussi choisi la Via Podiensis, car je savais qu’elle est très accessible, bien balisée, sans trop de dénivelés et avec de nombreux endroits où se ravitailler. Ayant l’envie de partir faire une longue randonnée depuis quelque temps, Compostelle était donc le chemin idéal pour moi. J’ai pu partir rapidement sans trop me casser la tête dans mes préparations et sans entraînement intensif.

Arrivée : Compostelle (Espagne), le 4 août 2018

  • Trajets : Via Podiensis (ou GR 65) en France//Camino Frances en Espagne
  • Kilométrage : Environ 1500 km
  • Durée : 81 jours (2 mois ½)

Préparation matérielle

L’essentiel : le sac à dos et les chaussures

Si pour ma part je me suis assez rapidement préparée, il n’en reste pas moins important de sélectionner avec soin chaque chose que l’on emporte, à commencer par son sac à dos et ses chaussures. Il est donc important de partir avec de l’équipement adapté à ses besoins. J’ai choisi de prendre un sac à dos assez petit (40 L) pour éviter de m’encombrer avec du matériel superflu.

Je suis partie avec une paire de chaussures de randonnée à tiges hautes, spécial trekking, avec des semelles rigides. Comme je les avais déjà portées, je pensais vraiment qu’elles seraient idéales et je savais que j’étais confortable dedans. Pourtant, j’ai regretté mon choix, car ces chaussures étaient assez lourdes et trop dures pour la plante de mes pieds. J’ai rencontré de nombreuses personnes en sandales ou en petits souliers. Il s’avère que c’est bien mieux sur le sentier de Compostelle, la semelle étant plus souple et s’adaptant mieux aux différents types de chemin.

Le reste de l’équipement varie beaucoup si l’on choisit de camper ou bien de dormir en gîte. Pour ma part, je tenais vraiment à camper sur le chemin. Idéalement, le sac à dos ne doit pas peser plus de 10 à 15 % de son propre poids. Les premiers jours sur le chemin, de très nombreux randonneurs se délestent de matériels inutiles et trop pesants. Avant le départ, il est judicieux de faire une journée test avec son sac à dos chargé, pour se rendre compte si ce qu’on prévoit d’emmener est trop lourd ou non.

Matériel de camping

En ce qui concerne le matériel de camping, j’ai apporté une toile de tente sans fond (pour me protéger de la pluie), mes bâtons de randonnée (qui me servent aussi à monter la toile), un matelas mousse isolant, un petit matelas gonflable et une couverture de survie (que je mets au sol). Le poids total de mon équipement de camping est de 965 g. Pour la nourriture, j’ai décidé de ne pas prendre un réchaud et de manger froid. Sur la deuxième partie du chemin en Espagne, je me suis séparée de ma toile pour dormir à la belle étoile, sachant qu’au mois de juillet, les températures la nuit sont suffisamment élevées. Par contre, j’ai décidé de prendre un petit réchaud à alcool et une popote, afin de pouvoir manger chaud le soir (plus agréable et plus économique).

Autre matériel

De plus, j’avais quelques indispensables comme un raincover de sac, un grand poncho de pluie, une poche à eau, un bon couteau opinel, une fourchette-cuillère, un sac de couchage (5 ° en France, 15 ° en Espagne), un sac en soie, un chargeur solaire, une lampe frontale, une serviette microfibre, des lunettes de soleil, un chapeau (ou buff), une pochette étanche avec les papiers importants, l’argent et la Crédentiale.

Vêtements

Je suis partie en ne prenant que deux tenues de rechange, que je faisais en permanence tourner (chaque soir, je lavais ma tenue, et je la faisais sécher dans la journée sur mon sac à dos). Plus tard sur le chemin, pour avoir un peu plus de confort, je me suis autorisé une tenue supplémentaire. Pour le soir, j’avais en plus une tenue complète : un t-shirt, un legging et une paire de sandales. J’avais aussi une veste chaude et une doudoune, les soirées de mai et juin pouvant être assez fraîches en France.

Trousse de premiers soins

Étant donné que l’on trouve des pharmacies dans presque tous les villages que l’on traverse (soit tous les 10 à 20 kilomètres), je n’ai pris que le strict nécessaire avec moi. Désinfectant, pansements, petits ciseaux, compresses, bande et aspirine sont les éléments qui se trouvaient dans ma trousse. J’ai également pris des pastilles pour purifier l’eau, mais elles se sont avérées inutiles, car on trouve de l’eau potable vraiment partout.

La Crédentiale

Avant de me renseigner sur le pèlerinage, je n’avais aucune idée de ce qu’était une Crédentiale. Ce petit carnet est le «passeport de voyage», que l’on fait tamponner à chaque étape où l’on s’arrête. Il permet, à l’arrivée à Compostelle, d’attester de votre pèlerinage et d’obtenir la Compostela (une sorte de diplôme d’accomplissement du pèlerinage). Il est possible de se procurer la Crédentiale par internet ou dans la ville de départ de votre pèlerinage. J’ai obtenu la mienne la veille de mon départ au Puy-en-Velay.

La coquille Saint-Jacques

Symbole du pèlerin par excellence, il est d’usage d’accrocher une coquille à son sac à dos. C’est une manière de s’identifier aux yeux des gens et de signifier que l’on fait partie de la grande famille des pèlerins en route vers Compostelle. En partant, je n’ai pas ressenti le besoin de m’en procurer une. Sur le chemin, j’ai hésité à l’acheter, et puis j’ai décidé de me tenir à la tradition d’époque qui consiste à aller chercher sa coquille au bout du chemin, pour la ramener chez soi.


Préparation physique

Mon départ s’étant fait assez rapidement, je n’ai pas vraiment eu le temps de me préparer physiquement, que ce soit à porter mon sac ni à faire un entraînement sportif. J’ai rencontré quelques marcheurs qui s’étaient entraînés plusieurs mois avant leur départ pour se préparer. Mais dans l’ensemble, si l’on fait de la randonnée ou d’autres activités sportives de temps à autre et que l’on est en bonne forme physique, l’entraînement intensif n’est pas indispensable. Il faut surtout savoir s’adapter et avancer à son rythme sur le chemin. Et le petit conseil qu’on m’a donné sur la route, et qui s’avère très utile, c’est de ne pas oublier les étirements le matin comme le soir, pour éviter les courbatures et ne pas se faire mal en marchant!


Préparation logistique

Logement

Ayant choisi de porter mon matériel de camping, j’ai pu être complètement autonome en termes de logement sur le chemin. Je pouvais ainsi vraiment m’arrêter et dormir là où je le voulais. Toutefois, sur la Via Podiensis, comme sur le Camino Frances, les auberges et gîtes sont très nombreux. Il est donc vraiment facile de trouver de quoi se loger à chaque étape. En France, il est possible de réserver les gîtes et ainsi planifier son itinéraire.

Personnellement, j’avais vraiment envie de vivre le chemin de manière spontanée et de partir le matin sans savoir où je dormirais le soir. La flexibilité que m’offre ma tente m’a permis de vraiment laisser place à l’imprévu. Si je rencontrais sur le chemin des gens avec qui j’avais envie de passer la soirée, je ne me privais pas d’aller avec eux en gîte. Si je suis fatiguée ou si j’ai une douleur quelque part, je peux m’arrêter après quelques kilomètres de marche seulement. Je n’ai donc jamais réservé de gîtes et cela ne m’a jamais posé problème. À l’inverse, j’ai rencontré plusieurs marcheurs qui avaient réservé leurs gîtes pour l’ensemble de leur séjour et qui se sont retrouvés obligés de respecter ce qu’ils avaient prévu, même s’ils rencontraient des difficultés à avancer ou s’ils allaient trop vite.

En Espagne, il n’est généralement pas possible de réserver les logements et c’est toujours le premier arrivé qui est le premier servi. Mais même si les gîtes les moins chers sont souvent vite remplis, il y a toujours plus d’offres que de demande et l’on trouve toujours un lit pour la nuit.

Repas

Pour la nourriture, l’offre est très variée, et l’on trouve donc un grand choix, selon ce que l’on recherche. Certains gîtes proposent la «demi-pension», qui inclut le repas du soir et le repas du matin. On trouve aussi de très nombreux restaurants, cafés ou boulangeries tout au long du chemin pour se restaurer. En revanche, il est un peu plus compliqué de trouver tous les jours des petites épiceries pour acheter de la nourriture à se cuisiner. Cela demandera donc un peu plus de prévisions. Attention aussi à tirer de l’argent en quantité suffisante dans les villes. Dans de nombreux petits villages les cartes bancaires ne sont pas acceptées.

Orientation

Tout au long, le chemin est particulièrement bien balisé et la boussole, ainsi que la carte, sont du superflu. Sur la partie française, le balisage est constitué d’un trait blanc et rouge, car c’est un GR (chemin de Grande Randonnée) officiel. On trouve aussi souvent de nombreuses coquilles ou panneaux indiquant le sentier à suivre. La partie espagnole est quant à elle balisée de la célèbre flèche jaune et de bornes avec la coquille Saint-Jacques. Bien qu’il soit difficile de se perdre, il peut être utile d’avoir un guide avec soi, tel que le «Miam Miam Dodo», qui présente une carte du chemin, le kilométrage de chaque étape et qui répertorie l’ensemble des logements et lieux où se restaurer.

Finalement…

C’est donc avec toutes ces informations en tête et un sac à dos qui pèse un peu moins de sept kilos (sans compter l’eau ni la nourriture) que je suis partie sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle prête pour une longue randonnée, qui je ne le savais pas encore, allait durer presque 3 mois!


À Suivre…


À propos de Suzanne 

Grande amatrice d’activités de plein air, Suzanne a toujours eu soif d’aventures et de voyages. //       

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